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DE BELLIS
#7
Rwanda, 1994
Cela fait plusieurs mois que je suis incarné dans la peau d’un humain dans ce pays.
J’ai pu constater autour de moi la croissance de la haine inter ethnique dans une population chrétienne à 90%.
Les hutu, qui constituent la majeur partie de la population, en veulent aux tutsi qui selon eux trustent les postes de responsabilité.
La chaleur moite du pays est un supplice en soi, et l’atmosphère s’alourdit chaque jour du crachotement de la radio libre des milles collines, dont l’animateur complètement shooté, incite au massacre des tutsi désigné sous le qualificatif de cafard. Il faut bien dire que l’importation de 500 000 machettes juste avant le début du conflit ne s’est pas faite sans arrière pensée.
Le « génie » humain donne la toute sa grandeur : adolescent forcé de violer leur mère avant d’être abattu a coup de machette, filles violées par les hommes puis par des bâtons, des bouteilles de verre qui leur sont en suite cassées dans le vagin.
On ne prend plus la peine de creuser des fosses, les morts s’entassent sur les bords de route, voir sur la route ou les véhicules roulent péniblement sur les corps abandonnés.
Quand l’odeur de charogne devient trop forte, on brule les corps en décomposition avec du fioul, emplissant l’air de particules sombres qui couvrent d’un linceul de particules grasses l’ensemble du pays.
Le soir résonne dans la nuit les crécelles métalliques des lames de machettes que l’on affute sur le bitume, émoussé par le travail acharné d’abattoir humain de la journée.
Devant la montagne de cadavre, les ONG ont préféré quitté le pays, craignant pour la sécurité physique de leurs employés, les meurtriers n’hésitant pas a massacrer les hutus modérés, mais aussi pour leur santé mentale, les cas de suicide, de désespérance profonde se multipliant.
1 million de mort en quelques semaines, sans aucun moyen officiel de répondre, sans réponse du monde extérieur qui poursuit sa course folle restant sourd aux appels des rares consciences encore présentes.
Aujourd’hui je suis dans une église qui semble, et c’est heureux pour moi, dénuée de pouvoir.
Les tutsi autour de moi sont déchirés par le dégout, la désespérance, l’horreur et la peur, alors que se massent devant l’édifice un groupe de hutus aux yeux explosés par la colle, l’essence, le manque de sommeil et la folie des massacres.
L’air est saturé par l’odeur si particulière du sang, mais aussi de la charogne.
Les portes de l’église ne résisteront plus longtemps et le prêtre tente d’amener le groupe a communier dans la foi, et de pardonner à leur bourreaux à venir. C’est là que ma mission commence :

Mon père, êtes vous fou ?
Ils sont la dehors a vouloir nous tuer et vous nous demandez de tendre l’autre joue ?nous ne sommes pas les fils de dieu. Pas de résurrection pour nous. Juste nos cadavres dévorés par les chiens. Peut être même pas assez de nous pour être un jour reconnu par un voisin pas assez lassé de la vue des cadavres pour consacrer un peu d’attention à nos restes mutilés.
Dieu, dieu , dieu ! Vous n’avez que ce mot la a la bouche ! Dieu est mort. Il est mort a Kigali.
Désignant le lourd crucifix en bois sur l’hotel de la main :
Je vais vous montrer à quoi dieu peut nous servir…
J’empoigne le crucifix et fend la foule. Les battants de la porte cedent à ce moment la, les premiers assaillants trébuchant sous la poussée des suivants.
Dans le court moment qui suit je suis sur eux, abattant le crucifix sur les cranes à ma portée. La matière cérébrale vole et macule le sol de l’église. Surpris par la contre attaque la masse recule, me permettant de ramasser les machettes de mes premières victimes dons les membres fracassés sont agités par les derniers spasmes. J’abandonne le crucifix déformé au milieu d’une flaque de sang qui va s’agrandissante

Regardez ce qui les fait reculer ! pas votre foi ! La peur du châtiment que nous allons leur infliger.
Galvanisé par les cris bestiaux de ceux qui ne voient pas ce qui se passe dans le bâtiment, les hutus reviennent au contact, armés de sagaie, de machette, de matraques.
J’intercepte la pointe de la lance d’un revers de lame, revenant couper les doigts du milicien a ma droite, tandis que d’une passe rapide j’éventre un adversaire a gauche. Leur nombre est un inconvénient dans un endroit aussi étroit que l’encadrement d’une porte, et le sol rendu glissant par le sang et les corps présent ne leur permet pas de prendre pied dans la place.
Derrière moi, les hommes commencent à ramasser les armes lâchées par les morts.
Je lance ma machette droite qui décapite le seul assaillant équipé d’une arme à feu. Les attaquants refluent devant le groupe qui s’est formé et avance maintenant vers eux, l’inexpérience compensée par la haine accumulé et l’envie d’en découdre.
Les femmes restées en arrière sont en train de massacrer a main nue les types que j'avais entamé.
je jette ma machette aux pieds du prêtre.

tiens moinillon, va combattre le mal avec ses armes...
ou rentre chez toi.
je quitte le site. ma mission est terminée. la contre insurrection va s'étendre au reste du pays


HRP : inspiration tirée d'un passage du dernier roman de Jean christophe Grangé, Le serment des Limbes
http://www.amazon.fr/Serment-Limbes-Jean-Christophe-Grang%C3%A9/dp/222617673X/ref=pd_bbs_sr_1/403-4570618-1410850?ie=UTF8&s=books&qid=1187709703&sr=8-1
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DE BELLIS - by yama - 05-03-2006, 08:03 PM
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DE BELLIS - by yama - 08-22-2007, 12:25 PM

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