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De l'ombre à la Lumière, un pas
#7
  Des bruits de pilonnage et de discussions animées venaient du dehors. Un petit souffle de vent agitait la peau qui barrait l'entrée de la case, portant des odeurs d'épices et de repas chaud jusqu'à la litière. De là, il n'y avait qu'un peu de terre poussiéreuse et la branche d'un arbre rabougri de visibles. Le reste, les femmes qui maniaient le pilon, les enfants qui s'ébattaient un peu plus loin et les hommes qui jouaient au koroyay, tout restait hors de portée, comme s'il ne s'était agit que d'échos d'une vie passée.
  Amako remarqua le plafond de la case, où des restes de toiles d'araignées déchirées flottaient. Alors il s'aperçut qu'il était éveillé. Un choc sur le mur le fit tressauter, soudain crispé. Les sons à l'extérieur ne changeait pas, le rescapé se détendit. Il tourna la tête pour voir ce qu'il y avait dans l'habitation, mais le bol, la cruche, la natte et la grande palme abandonnés auprès de lui ne purent rien lui apprendre sur sa situation exacte. L'homme étendit un bras, attendit. Rien ne bougea. Il se redressa et se servit un peu d'eau.
  Deux voix se rapprochaient. Une femme aux intonations vives et un homme au ton ferme et profond. Amako reposa doucement le récipient en passant sa langue sur ses lèvres, récupérant une goutte égarée. Au début, les mots restaient indistincts. Puis des pas se firent entendre aussi et la  discussion devînt audible. Méfiant, le blessé se tînt immobile, les yeux tournés vers la porte, cherchant à comprendre ce qui se disait.


- Ce n'est pas vraiment comme ici. Il y a plus d'eau, pour le bétail en tout cas, mais plus de moustiques aussi. Je ne m'y sentais pas à l'aise, ce n'était pas la terre de mes ancêtres. J'ai repris mon bâton de marche au bout de quelques jours avec un regard en arrière quand même. Mais là où étais les proscrits, j'étais plus chez moi que là-bas.
- Tu as bien fait Assama. Les ancêtres ne peuvent rien si tu pars trop loin.
- Va Yatane, j'attends dehors si tu as besoin de quelque chose.

  Amako respira un peu mieux. Un vertige le saisit et il se rallongea doucement, sans bruit, une sueur froide coulant le long de son dos. On toqua contre le mur. La peau s'écarta et une femme aux formes généreuses entra, portant un plat de sori dont le fumet provoqua des gargouillis dans le ventre d'Amako. Il tenta de se relever à nouveau, mais son corps ne répondit pas comme il s'y attendait, tremblant à chaque mouvement. La faiblesse le rattrapait.

- Ne bouge pas, dit la femme en posant une main sur sa poitrine pour l'obliger à rester tranquille.

  Elle avait apporté aussi de l'eau plus fraîche et elle lui tamponna le front en voyant son teint livide. Quand son regard croisa celui du convalescent, elle lui sourit et lui montra le bol plein.

- Ça te tente ?

  Soudain, Amako se réjouit. S'il se sentait faible, la fièvre ne le tourmentait plus. Avec un peu de chance, elle ne reviendrait pas et Diawara serait guérit lui aussi. Avec un peu de chance, tout le mode croirait que la fièvre venait des mares aux hippopotames.
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De l'ombre à la Lumière, un pas - by Galila - 10-29-2011, 09:07 PM
Re : De l'ombre à la Lumière, un pas - by Galila - 11-14-2011, 10:54 PM

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