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La vengeance est un plat qui se mange d’outre-tombe
#2
… on décrit les personnages…

C’est sans se presser que l’agent fédéral retourna au central de la police lausannoise.
Cela faisait maintenant 3 jours qu’il n’était plus tout à fait le même, enfin… que le brave René Marthy n’habitait plus ce corps et attendait sagement au Paradis.

Désormais, c’était une angèle de Dominique qui l’occupait. Si on lui avait filé un incarnat aussi… bien placé, disons-le, c’est parce qu’il semblait qu’on pensait que pour son retour sur le terrain, cette angèle méritait de pouvoir agir avec une grande facilité.

Son supérieur, l’Ami Lex, a fait lui-même la demande, ce qui n’a pas manqué de surprendre Maître Magister, qui a un peu renâclé, avant d’accepter. Autant dire que cet incarnat est parfait pour la mission actuelle de l’ange Felicia. Quand son téléphone a sonné ce matin là, elle a compris tout de suite. En entendant le vague résumé, l’angèle n’a pu réprimer un sourire. Une heure plus tard, elle était sur place.

Passons maintenant à Monsieur Beuchat, fraîchement admis au Purgatoire. Heureusement pour lui, il y est « intact », parce que sur Terre, sur la table d’autopsie, il n’est pas beau à voir. Quand on vous a violemment et à mains nues, fracturé les deux jambes, puis les deux bras, avant de vous poignarder méticuleusement pour que vous vous vidiez de votre sang lentement et douloureusement, ce n’est pas beau à voir. Le tout en veillant bien à ce que vous ne puissiez pas crier, vous anesthésiant la langue et les cordes vocales, juste pour être sûr.

Et pendant tout ce temps là, votre tueur vous décrit comment vous l’avez renversé, un soir, il y a bien dix ans au bord d’une route de campagne. Et le pire, c’est que tout ce qu’il vous raconte est tout à fait vrai, mais c’est impossible qu’il ait survécu, son faire-part traîne encore dans un tiroir de votre bureau. Donc en gros, vous êtes en train de mourir à petit feu, de la main d’un homme que vous avez tué, un soir où vous aviez trop bu.

Y a pas à dire, au guichet, ils vont pas vous croire, mais ils en ont sûrement vu d’autres, pas vrai ?

Heureusement, toute l’agonie du bon docteur est consignée dans le rapport du légiste, rapport remis au lieutenant Nançoz, en charge de l’affaire. Ce dernier n’est pas des plus heureux d’avoir à composer avec Marthy. L’affaire semblait simple, mais la complication que le fédéral lui avait rapportée et la prise en main par l’échelon supérieur, c’était assez clair : il ne progresserait pas hiérarchiquement bientôt. Alors, autant s’y habituer tout de suite en transmettant le dossier à son collègue de la Fedpol, comme on dit dans les milieux branchés. L’aider serait aussi un bon plan, pour réussir à avoir un éloge de sa part.

Et pendant ce temps là, quelque part, le meurtrier -mais est-il seulement masculin ?- rôde encore, préparant son prochain méfait. Ouais, bon en fait, ça, c’est pour le côté théâtral. En réalité, le grand méchant de cette histoire est surtout en train de bosser, exécutant un job assez dégradant pour réussir à survivre, parce que non, ce n’est pas avec l’aide sociale qu’il va s’en sortir. Et oui, la crise frappe même les méchants de chroniques, du coup, eux aussi sont sans le sou et doivent composer avec ça. Okay okay, notre grand méchant, ça fait depuis qu’il s’est incarné, il y a… un an maintenant qu’il vit dans cette situation, mais c’est à cause de son incarnat. Et oui, parce que grand méchant ou pas, on choisit pas son incarnat et là, il a pas franchement tiré le gros lot.

Mais bon, ces deux jobs  réputés dégradants, notre tueur a réussi à se les rendre utiles. Pire, c’est tout juste s’il ne prend pas un plaisir certain à les exercer. Bien sûr, c’est souvent dégueulasse, bien sûr souvent il sent la nausée qui lui monte. Mais il sait très bien pourquoi il le fait et cela le motive. Il n’en est qu’au début, évidemment, mais sa carrière s’annonce brillante, fulgurante même.

Toutefois, depuis son gros coup, il sait qu’il va devoir mettre la pédale douce. Parce que notre assassin comprend bien ce qui va se passer : des gens vont le chercher. Et pas des gens ordinaires, non. Des gens comme lui, qui ne sauront sûrement pas exactement ce qu’il a fait, ni comment, ni pourquoi, mais qui vont le menacer plus sérieusement que la police. Alors, il va se mettre au vert un moment, peut-être même partir, le temps qu’ils comprennent qu’ils n’ont aucune chance de l’attraper, parce qu’il a plusieurs coups d’avance sur eux.

Le méchant ne peut retenir un ricanement en pensant combien ils n’y arriveront jamais et ce, à tous les niveaux. Finalement, cette journée s’annonce radieuse. Non, notre méchant ne va pas partir, il va regarder ses poursuivants s’essouffler puis reprendre ses petites activités.

Ailleurs, dans la banlieue lausannoise, un petit garçon traverse la route, courant après son ballon. Le conducteur plante sur la pédale de frein, mais trop tard. Le choc est brutal, l’enfant vole violemment. L’automobiliste saisit son téléphone après quelques secondes de blanc qui semblent durer des heures et appelle les secours, paniqué. Déjà, une mare de sang se forme autour de sa malheureuse victime. L’ambulance arrive cinq minutes après, toutes sirènes hurlantes. C’est un cas de priorité absolue après tout.

Le conducteur, un jeune homme, l’air traumatisé, est à côté de l’enfant, tétanisé. Les ambulanciers arrivent rapidement près du corps du garçonnet, qui ne doit pas avoir plus de huit ans. Celui-ci ouvre les yeux, et commence à doucement se relever, du sang coulant toujours de sa plaie à la tête, sous le regard hébété des témoins.

Emmené à l’hôpital pour un contrôle de routine, il est remis peu après à sa famille, avec quelques points de suture. Il a eu beaucoup de chance… enfin, surtout, désormais, le démon Haymaton, Chevalier du Jugement Dernier, habite son corps. Sa mission ? La même que Felicia. Bon, bien sûr, il ne dispose pas des mêmes moyens, mais au moins pourra-t-il compter sur le soutien du Capitaine des Légions Salvatrices Cigüe, qui supervise son enquête et lui a assuré qu’il disposerait de tout ce dont il aurait besoin, équipe de gros bras inclus. Une copie du dossier d’enquête allait d’ailleurs bientôt lui parvenir, dans une boîte postale, dont la clef lui serait remise par un camarade d’école. Les démons aussi mettaient le paquet, parce que le PdD, on le respecte ou l’on meurt.

Le cadre est donc posé, l’histoire est en marche, implacable. Il y aura du sang, de la sueur et des larmes et au bout du compte, chacun de nos protagoniste, Beuchat excepté forcément, ne sera plus tout à fait le même.
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Re : La vengeance est un plat qui se mange d’outre-tombe - by Marinette - 06-16-2011, 08:00 PM

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