Thread Rating:
  • 0 Vote(s) - 0 Average
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
La vengeance est un plat qui se mange d’outre-tombe
#3
… l’intrigue se poursuit…

Monte le son !

Inutile de dire que Marthy n’avait pas tiré un cas facile. De l’ADN, des empreintes, il en avait plein sur sa scène de crime, mais autant dire qu’il ne servait à rien, puisqu’appartenant à un mort. Non, la vraie question c’était : pourquoi ? Question à laquelle la réponse avait été rapidement trouvée : le bon docteur avait tué Paul en l’écrasant cette fameuse nuit.  Le problème qui se posait était : qui d’autre savait ? Pour cela, il fallait relire le rapport d’époque sur l’accident. La victime avait bien un frère, mais cela pouvait-il être lui ? La police ne devait écarter aucune piste et c’était un peu la seule qu’elle avait alors, autant la suivre. Quelques coups de fil plus tard, Marthy/Felicia était en route pour Yverdon, une ville non loin de là. Oui, seul, parce que figurez-vous que quand on sert Dominique, on ne s’encombre pas de témoins humains dans ce genre d’affaires. 

Pendant ce temps, l’envoyé démoniaque mène sa petite enquête, ayant réussi à s’infiltrer de nuit sur la scène de crime, chose des plus mal aisée. Là, il avait pu remarquer ce qui manquait et commencer à réfléchir à ce qui se tramait. Si le tueur était mort, deux options : il n’était pas vraiment mort ou alors, il avait un vengeur d’outre-tombe. Réfléchissant rapidement, il décida que l’option du mort mais pas vraiment se tentait et projeta donc de trouver le cimetière dans lequel était inhumé le tueur. Cela allait sans doute prendre un peu de temps, mais… ça risquait de s’avérer payant.

La pluie s’écrasait violemment contre le sol en ce jour de juin, dégageant une petite odeur typique de l’eau sur le goudron chaud. Cela faisait un moment qu’il n’avait pas plu et Marthy s’en réjouissait. Un bon temps pour une bonne traque à l’ancienne. Il se gara au bas d’un immeuble, sortit de sa voiture, la verrouilla, puis entra et sonna au 3ème en disant d’une voix forte :

Police, ouvrez. J’ai des questions à vous poser !

Devant le silence éloquent accueillant sa déclaration, l’inspecteur hésite un moment, puis après avoir testé la poignée, sort son set du parfait cambrioleur et ouvre facilement la serrure, de piètre qualité. Il entre ensuite tranquillement dans l’appartement, balayant les lieux du regard. Sur la table du salon, au milieu d’un fouillis innommable, ce qu’il cherchait : un indice. Un simple flyer annonçant une goa, dans une forêt environnante, le soir même, dès 23h. L’ange observe également les photos posées sur un petit meuble, histoire de pouvoir identifier Jacques Leresche sans peine. C’est un homme ayant dans la trentaine, souriant, le crâne dégarni au milieu, les cheveux qui lui restent sont noirs. Plusieurs photos comportent également une petite fille, toute mignonne, qui a les mêmes yeux marron que son papa. Sa fille sans doute. Felicia espère que ce n’est pas lui, la perspective de faire d’une si jeune enfant une orpheline ne l’enchante guère. Mais elle sait qui cela venait à être lui, elle n’aurait pas d’autre choix. Le Grand Jeu avant tout.


Hayamaton, pour sa part est en train d’errer dans le cimetière, prétendant si nécessaire qu’il cherche sa balle de foot.  Le démon observe les tombes, espérant trouver celle de Paul rapidement. Et effectivement, très vite il la trouve. Mais quelqu’un y est également. Une jeune femme, rousse, vêtue de noire, qui dépose une gerbe de fleurs puis s’en va. Le démon la regarde partir, se demandant de qui il peut s’agir puis ayant bien repéré la tombe, se dit qu’il reviendra de nuit.

Un peu plus tard dans la journée, l’inspecteur Marthy, ayant pris des renseignements, se retrouve vêtu d’une bien étrange façon. Un grand pull noir avec d’étranges symboles et un capuchon à pointe, type lutin, un pantalon troué, des sandales. Il reste sans doute un poil trop bien rasé, mais bon, il a déjà investi une fortune dans ce déguisement de parfait goateux et sa barbe ne va pas miraculeusement pousser. Rapidement, il recontrôle si son arme est munitionnée, effectue le mouvement de charge, vérifie la sécurité et la range dans son dos. Être déguisé en toxico fan de musique électronique aux connotations New Age, d’accord, mais pas sans de quoi rappeler à certains, si nécessaire, les dures réalités de la vie. Il ouvre la portière de son véhicule et s’enfonce dans la sombre forêt, guidé par le bruit des basses de la fête.

À peu près au même moment, un petit garçon se cache derrière une pierre tombale. L’enfant a fait le mur, mettant des coussins sous son duvet pour faire croire à ses parents qu’il est toujours là. Il a attendu le moment où les deux étaient à la salle de bain pour franchir la porte d’entrée de l’appartement, discrètement. Puis, il était sorti, prêt à se rendre invisible si nécessaire. Et là, il se tenait prêt, attendant simplement d’être sûr que l’endroit était désert. Il serre un peu plus fort la pelle qu’il a trouvé non loin. Il va falloir être rapide et ce ne sera pas discret. Au moins, avec la pluie qui était tombée, la terre est-elle plus facile à creuser.

Dans la forêt, la fête battait son plein. La fin des trombes d’eau en début de soirée était une véritable bénédiction. Organisée autour d’un petit chalet, elle rassemble une bonne centaine de personnes, la majorité en train de danser sur un son électronique, diffusé par d’immenses amplis reliés à un générateur. Non loin desdits amplis officie un DJ, l’air limite en transe, tant il est concentré. Les gens présents se divisent, aux yeux de Marthy en deux catégories : les jeunes hippies, plus ou moins drogués/alcoolisés et les vieux hippies, totalement out, ou au mieux, délirants. Et là, au milieu, il cherche sa cible. Ne pas l’effrayer, réussir à gagner sa confiance, l’emmener dans un coin tranquille et le faire parler. Balayant la foule des yeux, l’inspecteur finit par trouver sa cible, en train de tranquillement acheter des petites pilules à un autre homme, plus âgé, vêtu de fringues du genre « vieux pull en authentique poil de mouton, certifié non-lavé depuis 10 ans ». Tranquillement, Marthy attend qu’ils aient fini, puis s’approche de Jacques et le salue, lorsqu’il sent un truc froid dans son dos…

Dans le cimetière, le petit garçon s’est approché, et après avoir vérifié le nom, à commencer à creuser la terre. Au moment où il heurte enfin le cercueil, il croit entendre un bruit. L’enfant se retourne juste à temps pour recevoir un violent coup et s’écrouler. Dans son inconscience, il sent tout de même que son agresseur le tient et le déplace.

Marthy ne bouge pas. La voix d’une femme se fait entendre derrière lui : « Alors, comme ça, la police fédérale s’intéresse aux fêtes goa maintenant ? »

Rapidement, le policier réfléchit. Bien sûr, il aurait du s’en douter. Un incarnat avec un tel poste n’était pas des plus discrets. Cette voix ne lui dit pourtant rien. Aussi notre héros répond-t-il : « Je ne vois pas de quoi vous voulez parler. »

Bref silence, puis la pression se fait plus insistante tandis que la voix ajoute : « Allons, venez avec nous, nous allons parler un peu à l’écart. ». Le policier obtempère, escorté de la femme, du dealer et de Jacques. Ils marchent un bon quart d’heure, s’éloignant gentiment, jusqu’à une autre clairière, plus sombre.

L’inspecteur peut sentir la peur chez Jacques, dans sa démarche, sa façon de lancer des regards inquiets. Il n’a pas l’air d’avoir l’habitude de ce genre de choses. Les deux autres, en revanche, semble bien plus sûrs d’eux. Arrivés au milieu de la clairière, ils s’arrêtent et la femme dit : « Bon Jacques, tu sais ce qu’il te reste à faire… ».
L’homme tremble, il semble terrorisé. La voix féminine se fait plus douce et ajoute : « Pense à tout cet argent voyons. Et puis, surtout, pense à ta petite fille… ». Lentement, très lentement, Jacques se retourne. L’homme tient un pistolet à la main. Tremblant, il le lève, braquant le policier, sous l’œil impassible du dealer. Dans ses yeux, Marthy peut lire le dégoût, le regret et la crainte. Il n’a pas le choix.
Son doigt se pose sur la détente, il vise et tire. La femme qui se trouvait derrière Felicia écarquille les yeux. Une tache rouge commence à se dessiner au milieu de son magnifique pull orange. Sans un bruit, elle tombe au sol, ses yeux exprimant pour l’éternité la surprise tandis que son dernier souffle quitte ses lèvres. Le dealer porte la main à sa ceinture en grognant de surprise. Personne ne peut disparaître ainsi! Une fraction de seconde plus tard, sa boîte crânienne explose, emporté par un tir de l’inspecteur, qui se trouve soudainement derrière Jacques. Ce dernier fait volte-face et se retrouve avec un pistolet braqué sur son visage. La voix de Marthy est froide lorsqu’il dit à Jacques : « Faisons un marché. ».

Quelques instants plus tard, Jacques s’approche d’une voiture, parquée en dehors de la forêt. Un homme, adossé au capot, finit de tirer sur sa clope en le voyant arriver et lui demande : « Alors, c’est fait ? Où est le corps ? ».

Jacques ne lui répond pas. Il demande où est Amanda, sa fille. L’autre affiche un rictus satisfait et lui dit qu’elle se trouve chez Ophélie. L’instant d’après, il s’effondre, frappé par la crosse de l’arme de service du policier. Jacques regarde Marthy menotter l’homme et le jeter sur la banquette arrière, ahanant sous le poids du corps. Ceci fait, l’agent fédéral verrouille la voiture et dit simplement à Jacques, sur le ton de la conversation : «  Dans dix minutes la police sera sur place et j’irai les accueillir avec toi. Dis-moi tout ce que tu sais sur la mort de ton frère pendant qu’on y retourne. »
Et Jacques parle. Il raconte le drame, comment il a brisé la vie de ses parents, sa vie aussi et surtout celle de Françoise. Françoise ? Oui, la compagne de Paul à l’époque. Non, il ne l’a pas revu après l’enterrement, mais elle était dévastée. Marthy lui dit alors qu’il en sait assez.

Lorsqu’ils arrivent, la fête est finie. Désormais, de nombreux policiers s’affairent, dont le lieutenant Nançoz, qui ne semble pas très heureux de voir son collègue. L’aube ne poindra pas avant longtemps pour les gens présents …

Le jeune garçon s’éveille. Il est dans une allée du cimetière. Du sang s’écoule d’une plaie sur son front. Se relevant d’un bon, il fonce à la tombe. Le cercueil est toujours là. Il finit de le dégager et l’ouvre. Vide. Ce foutu cercueil est vide. Alors il avait raison. Dès qu’il le pourra, il contactera le Capitaine pour lui annoncer la nouvelle.

Pendant ce temps là, quelqu’un est au téléphone. Son premier interlocuteur lui fait son rapport et l’individu ne peut s’empêcher de sourire. Tout se passe comme prévu. Le second en revanche le met dans un état proche de la rage. Cris, invectives, menaces. Comment ce demeuré a-t-il pu rater son coup ? Ce n’était pourtant pas compliqué. Tant pis, qu’il s’y prenne autrement. Et fissa, sinon… il sait ce qui l’attend. Le correspondant déglutit, audiblement mal à l’aise. Il promet qu’il va régler ce problème au plus vite. Fin de l’appel.
Reply


Messages In This Thread
Re : La vengeance est un plat qui se mange d’outre-tombe - by Marinette - 10-31-2011, 06:00 PM

Forum Jump:


Users browsing this thread: 1 Guest(s)