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La ballade irlandaise
#2
Chapitre 1: Modus Operandi:

Paris, la grande, Paris l’orgueilleuse, mais aussi Paris la sombre, où malgré la présence du plus grand QG angélique, le Mal prospère.

Comme dans ce petit appartement cossu du XVème où une jeune femme entre dans sa douche tout en réfléchissant.

En tournant les robinets, elle se revoie le soir du même jour dans ce bar près des Halles, finissant de ferrer son poisson. Le poisson, c’était Thomas, 34 ans, employé dans une boîte d’assurances, divorcé.

Commençant à sentir l’eau sur son corps, elle sourit, tant cela lui semble facile, presque trop. Thomas traînait dans ce bar depuis plus d’un mois maintenant. Il arrivait aux environs de 17h et commandait une pression puis s’asseyait au comptoir et discutait avec son collègue, René, qui prenait lui un petit verre de rouge. Vers 18h, René partait, et Thomas commandait une 3ème bière.

Physiquement, il était plutôt grand, blond, vêtu d’un costard noir avec des chemises claires et des cravates absolument hideuses. Bref, le stéréotype de l’assureur.

En sentant l’eau ruisseler le long de son corps, son sourire s’élargit encore. Elle s’était renseignée sur lui en venant se poser non loin de lui pendant une semaine, commandant un martini et écoutant ses conversations avec René. C’est comme cela que notre charmante tueuse avait appris que le divorce de Thomas était prononcé depuis peu, que cela lui faisait mal, surtout sur le plan financier, il avait du trouver un appart’, mais aussi sur le plan affectif puisque la garde des enfants avait été accordée à sa femme et qu’il ne les voyait que les week-ends. La solitude lui pesait, il aurait du réfléchir avant d’avoir cette aventure avec Martine du service comptable. Depuis, ils ne se parlaient plus, car il la tenait pour responsable de ses malheurs. Faire lui-même le ménage, les courses et tout ce qui n’était pas son travail était un fardeau dont il aurait préféré se passer. D’ailleurs, son job l’ennuyait profondément et il pestait souvent contre ce dernier, soutenu par René, qui lui s’en foutait pas mal de son job, étant à la retraite dans 2 ans.

En coupant l’eau pour se savonner, elle repensa à la fois où elle l’avait abordé. Il était assis, buvant pour oublier sa vie d’employé moderne moyen, quand elle avait engagé la conversation. Oh rien de bien extraordinaire, la jeune femme lui avait dit qu’elle avait remarqué qu’il était un habitué et ils avaient commencé à parler de la pluie et du beau temps. Après une semaine, il lui parlait déjà de sa vie privée, après deux, il commençait à la draguer. Là, elle avait su qu’il était tombé dans le piège. Elle avait alors changé de stratégie, lui laissant croire qu’il avait une chance et surtout, commençant à lui laisser entrevoir des choses. Oh, rien de sexuel, non, plus vicieux encore.

Ayant fini de se savonner, elle ouvrit les robinets pour se rincer en repensant à ce qu’elle avait promis à ce pauvre homme. D’abord, elle lui avait laissé sous-entendre qu’elle était un agent du Malin. Il n’y avait d’abord pas cru, pensant à une farce, puis quand elle avait commencé à lui donner des détails qu’il ne lui avait pas révélés sur sa vie, il avait eu peur. Première faille, dans laquelle elle s’était engouffrée, avec succès. Il avait ainsi commencé à la croire et elle lui avait alors fait son offre: elle pouvait lui permettre de retrouver sa vie familiale d’avant et d’obtenir une promotion, contre une simple signature, l’engageant à se mettre au service du Diable. Deuxième faille, il avait hésité une bonne semaine, mais elle l’avait pressurisé et il avait fini par signer.

Elle finit de se rincer, sortit de sa douche, se sécha et commença à s’habiller en repensant à la suite. La jeune femme lui avait alors expliqué que pour que le contrat soit effectif, il devrait lui donner un peu de son sang lors d’une cérémonie. Il avait accepté et rendez-vous fut pris.

A peine avait-elle finit de mettre son rouge à lèvres que l’on sonna. Elle eut un sourire carnassier, rajusta une dernière fois sa robe rouge et alla ouvrir.


- Bonsoir ! Comment vas-tu ? lui demanda Thomas, bien habillé et l’air un peu inquiet.
- Fort bien et toi ? Entre, ce ne sera pas long…fut la réponse de notre tueuse, qui souriait à son insouciant invité, le menant à sa dernière demeure.
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La ballade irlandaise - by Deirdra - 05-07-2010, 01:32 PM
La ballade irlandaise - by Deirdra - 05-13-2010, 08:55 PM
La ballade irlandaise - by Deirdra - 05-21-2010, 09:26 PM
La ballade irlandaise - by Deirdra - 07-19-2010, 06:16 PM
Re : La ballade irlandaise - by Deirdra - 08-09-2010, 07:20 PM
Re : La ballade irlandaise - by Deirdra - 09-07-2010, 06:32 PM

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