08-07-2007, 07:07 AM
Stuttgart, Allemagne, 4 avril 1997
Je ne sais qui lira cette lettre mais lorsqu’il le fera, je serai mort.
Jusqu’à ce soir, jamais je n’avais songé au suicide. Au contraire, ma vie m’offrait tout ce que l’on peut souhaiter : une femme aimante et un emploi intéressant. Du moins, c’est ce que je pensais jusqu’ici. Si proche de la fin de mon existence, je m’interroge : est-ce vraiment là la définition d’une vie comblée ? Mais je m’égare avec ces questions sans réponse. Lorsque l’on compte ses dernières heures, on devient philosophe.
Mes mains tremblent alors que j’essaie de mettre en forme mes pensées. Tout semble s’embrouiller et je ne sais par où commencer.
Lucy. Lucy, ma femme. Je l’ai tuée. Et je vais bientôt la rejoindre
Même après l’avoir écrit, j’ai du mal à le réaliser. La chose me parait si abstraite... Tout cela a si peu de prises avec la réalité...
Et pourtant je l’ai fait.
Ces coups de téléphone étranges, ces retours nocturnes, ces excuses invérifiables... J’ai d’abord cru qu’elle avait une liaison. Oh Dieux ! Si cela n’avait été que ça !
J’ai réagi avec toute la banalité d’un homme qui se sait trompé : j’ai suivi ma femme. J’ai suivi Lucy. Je voulais savoir. Comme je regrette maintenant... Il y a des choses qui doivent rester enterrées.
Longtemps, la filature n’a rien donné. Puis Lucy s’est rendue dans ce grand chalet, en bordure de la ville. De nombreuses voitures étaient garées derrière, à l’abri des regards curieux des automobilistes. Je savais que j’avais trouvé ce que je cherchais.
J’ai attendu, longtemps, toute la nuit. Je n’avais pas sommeil, j’étais en transe. Les automobiles sont parties une à une.
Je me suis faufilé à l’intérieur. Où avais-je la tête ? J’aurais pu me faire prendre. Jusqu’où ces gens-là sont-ils prêts à aller pour conserver leur secret ?
J’étais comme fou, les images se brouillent dans ma tête. Étais-je même seulement éveillé ?
Il y avait du matériel vidéo, une caméra sur trépied, des projecteurs. Il y avait ces... accessoires, dont l’usage m’était inconnu. J’ai trouvé des cassettes enregistrées, j’en ai prise une et je me suis enfui.
Où aller ? Je ne pouvais pas rentrer chez moi, Lucy y était sûrement, s’étonnant de mon absence. J’ai loué une chambre dans un motel et j’ai visionné l’une des cassettes que j’avais dérobées. Mon dieu ! Il m’est impossible de décrire les perversités que j’ai vues ce soir-là. Je n’ai pu m’empêcher de vomir. Mais je continuais à regarder, avec une fascination macabre.
Et surtout, surtout, je ne voulais pas reconnaître Lucy. C’était son visage, c’était sa voix, son corps mais... non. Ce n’était pas elle. Ce n’était pas ma Lucy. Jamais...
Je suis rentré ce matin, abasourdi. Médusé par le choc des images qui dansaient dans ma tête et épuisé par le manque de sommeil.
Je l’ai trouvée dans son bain.
Elle était comme je la connaissais.
Lucy. Ma Lucy.
J’ai brandi la cassette et elle est devenue une autre.
Elle a dit des choses. Des choses qui font mal.
J’étais brisé, faible, haletant.
Je me suis jeté sur elle, lui ai maintenu la tête sous l’eau jusqu’à ce que je ne sente plus aucune résistance, jusqu’à ce qu’elle ne soit plus qu’un corps vide et flasque.
Et maintenant, je vais la rejoindre.
Lucy. Ma Lucy.
Je ne sais qui lira cette lettre mais lorsqu’il le fera, je serai mort.
Jusqu’à ce soir, jamais je n’avais songé au suicide. Au contraire, ma vie m’offrait tout ce que l’on peut souhaiter : une femme aimante et un emploi intéressant. Du moins, c’est ce que je pensais jusqu’ici. Si proche de la fin de mon existence, je m’interroge : est-ce vraiment là la définition d’une vie comblée ? Mais je m’égare avec ces questions sans réponse. Lorsque l’on compte ses dernières heures, on devient philosophe.
Mes mains tremblent alors que j’essaie de mettre en forme mes pensées. Tout semble s’embrouiller et je ne sais par où commencer.
Lucy. Lucy, ma femme. Je l’ai tuée. Et je vais bientôt la rejoindre
Même après l’avoir écrit, j’ai du mal à le réaliser. La chose me parait si abstraite... Tout cela a si peu de prises avec la réalité...
Et pourtant je l’ai fait.
Ces coups de téléphone étranges, ces retours nocturnes, ces excuses invérifiables... J’ai d’abord cru qu’elle avait une liaison. Oh Dieux ! Si cela n’avait été que ça !
J’ai réagi avec toute la banalité d’un homme qui se sait trompé : j’ai suivi ma femme. J’ai suivi Lucy. Je voulais savoir. Comme je regrette maintenant... Il y a des choses qui doivent rester enterrées.
Longtemps, la filature n’a rien donné. Puis Lucy s’est rendue dans ce grand chalet, en bordure de la ville. De nombreuses voitures étaient garées derrière, à l’abri des regards curieux des automobilistes. Je savais que j’avais trouvé ce que je cherchais.
J’ai attendu, longtemps, toute la nuit. Je n’avais pas sommeil, j’étais en transe. Les automobiles sont parties une à une.
Je me suis faufilé à l’intérieur. Où avais-je la tête ? J’aurais pu me faire prendre. Jusqu’où ces gens-là sont-ils prêts à aller pour conserver leur secret ?
J’étais comme fou, les images se brouillent dans ma tête. Étais-je même seulement éveillé ?
Il y avait du matériel vidéo, une caméra sur trépied, des projecteurs. Il y avait ces... accessoires, dont l’usage m’était inconnu. J’ai trouvé des cassettes enregistrées, j’en ai prise une et je me suis enfui.
Où aller ? Je ne pouvais pas rentrer chez moi, Lucy y était sûrement, s’étonnant de mon absence. J’ai loué une chambre dans un motel et j’ai visionné l’une des cassettes que j’avais dérobées. Mon dieu ! Il m’est impossible de décrire les perversités que j’ai vues ce soir-là. Je n’ai pu m’empêcher de vomir. Mais je continuais à regarder, avec une fascination macabre.
Et surtout, surtout, je ne voulais pas reconnaître Lucy. C’était son visage, c’était sa voix, son corps mais... non. Ce n’était pas elle. Ce n’était pas ma Lucy. Jamais...
Je suis rentré ce matin, abasourdi. Médusé par le choc des images qui dansaient dans ma tête et épuisé par le manque de sommeil.
Je l’ai trouvée dans son bain.
Elle était comme je la connaissais.
Lucy. Ma Lucy.
J’ai brandi la cassette et elle est devenue une autre.
Elle a dit des choses. Des choses qui font mal.
J’étais brisé, faible, haletant.
Je me suis jeté sur elle, lui ai maintenu la tête sous l’eau jusqu’à ce que je ne sente plus aucune résistance, jusqu’à ce qu’elle ne soit plus qu’un corps vide et flasque.
Et maintenant, je vais la rejoindre.
Lucy. Ma Lucy.