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Allô Walther ? Ici la Lune.
#1
Le Paradis, 31 mars 2006, Bureau de suivi des dossiers de l'Administration Dominiquaine.

La vaste salle était d'un blanc immaculé. Quelques coussins de mousseline à l'aspect nuageux traînaient sur certains fauteuils. Un Ange musclé de très grande taille, l'air sévère, était assis derrière son grand bureau.

- Ah, vous revoilà. Asseyez vous.
- Oh non mais vous savez je ne compte pas rester trop lon..
- Assis.
- Hem..

C'est ça qui était lourd, pas moyen de repliquer. Alors on s'asseyait en hochant la tête d'un air résigné.

- Ca fait combien de temps que vous êtes là bas ?
- Hmmpf.. 2 ou 3 mois ?

Il jeta un coup d'oeil au dossier ouvert devant lui. Visiblement, il n'y avait pas qu'une page dedans.

- Presque 5 mois.
- Ah ? Le temps passe vite et..
- Combien de démons avez vous éxorcisé ?
- Oh, ça vous savez, disons que, c'est pas la joie, enfin il faut se faire discret, et puis il y en a qui seraient presque attendrissant et..
- Vous voulez que je vous dise combien ? Aucun. Pas un seul.
- Ah mais c'était pas loin ! A deux doigts. Et puis il y a eu cet autre crétin là, un Ange qui faisait n'importe quoi, seulement, personne pour me confirmer que c'en était un et..
- Vous vous souvenez de notre accord ?
- Oui, cela dit, ce n'était pas forcément très..
- Juste ?
- Hem..
- Vous n'avez pas remplit votre contrat. Vous en connaissez les conséquences.
- Vous n'aviez pas dit "presque" 5 mois ?
- Vous êtiez sur le point d'exorciser 5 démons d'un coup peut-être ?
- Hé oh ! C'est pas..
- Et baissez d'un ton.
- J'ai peut être fait 1 ou 2 bêtises par le passé..
- Une ou deux ?
- ..et ce sont des choses qui arrivent à tout le monde, enfin les bêtises je veux dire.
- Ne vous cherchez pas d'excuses..
- Je ne me cherche pas d'excuse ! Vous êtes déjà allé à Immac-sur-Sable ? Non. Vous savez combien il y a d'incarnés là-bas ? Et combien de démons ? D'accord, j'en ai exorcisé aucun. Je devais en faire un par mois. D'accord ! Ramenez tous les Anges de Walther qui sont incarnés là bas et demandez leur un bilan. Ca sera peut être mieux que moi, mais ca ne sera pas bien reluisant.
- Ca n'excuse en..
- Là ! Je viens juste d'augmenter mes chances de pouvoir exorciser un démon, et vous vous en profiter pour me mettre à terre..
- Au ciel..
- à ce moment là ?! Non, moi je ne suis pas d'accord !
- L'administration n'était pas d'accord pour les bûchers. Vous avez écouté ?
- Mais ca plaisait bien à l'Ange de Joseph !
- Et ?
- D'accord, d'accord ! Mais c'est du passé !
- Et vous vous y prenez plus en finesse maintenant ?
- Oui ! Avec une.. batte.. et.. hem.. mais là n'est pas la question !
- Non en effet. La question est la suivante : doit-on vous renvoyer, oui ou non, à Immac, alors que vous n'avez pas respecté votre contrat. Je vais y refléchir, en attendant, vous resterez ici.
- Quoi ?! Mais on compte sur moi là bas !
- Ca ne sera pas long. Maintenant, sortez.

L'Angèle ressortit en traînant des pieds et en grommelant.
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#2
Le Paradis, 26 avril 2006, Bureau des reclamations de Dominique.

Le froufrou des ailes était quasiment incessant. Une bonne trentaine d'anges patientaient dans la salle d'attente, chacun un numéro à la main. Au comptoir, 5 chargés des plaintes bossaient dur.

- Numéro 111 057 !
- C'est moi.

L'Angèle s'avança jusqu'au comptoir ou une autre Angèle, aussi vieille que les pyramides et aussi grosse qu'un mikado périmé, attendait patiemment devant son fichier de données.

- Nom, nature de la plainte, incarnation incriminée..
- Heu non non, attendez, ce n'est pas pour une plainte..
- Qu'est-ce que vous faites là alors ?
- Ca va faire quatre semaines que j'attend que le suivi des dossiers me fasse signe, et je n'ai toujours aucune nouvelle. Pourtant il avait dit que ca ne serait pas long et..
- Il ?
- Heu oui.. on avait un accord et il y a eu un pépin et..
- Bon donnez moi votre nom, on va pas y passer la journée.
- Maekare.
- Supérieur ?
- Walther.
- C'est au fond à droite si vous avez une envie pressante.
- Très drôle, je suis pliée en deux..
- Hmmm, ah ! Voilà. Vous aviez rendez vous le 17 mais vous ne vous êtes pas présentée.
- Pardon ?
- Vous aviez rendez vous le 17, mais vous ne vous êtes pas présentée..
- Oui, j'ai compris, mais je n'ai jamais su pour ce rendez vous moi.
- Mais si voyons. Là, regardez, j'ai encore le bon : "Introuvable, à remettre plus tard." Ah.. mince..
- Bordgrumpf.. Ca va être encore pour ma poire ça.
- Nul ne doit ignorer la loi.
- Hu ?
- Oui bon, on va s'arranger, je vais vous prendre un autre rendez-vous d'accord ? Disons.. attendez que je regarde l'agenda. Vacances, congés, golf, piscine.. hmm.. le 28 ?
- Dans deux jours ? Parfait !
- Ah non, le 28 mai, le mois prochain.
- Quoi ?! Mais on ne peut pas accélérer un peu les choses ?
- Ecoutez, vous avez eu un rendez vous, vous ne vous êtes pas présentée, vous n'êtes pas la seule qui ait des problèmes, ce n'est quand même pas notre faute, si ?
- Ben.. si un peu quand même.
- Oui bon, je n'ai rien d'autre à vous proposer. Vous prenez ou pas ?
- C'est pas comme si j'avais pas le choix hein..
- Donc non ?
- Rah mais si !
- Très bien, 28 mai 2006, c'est noté. Et bon séjour à vous !
- Ouais..
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#3
Le Paradis, 28 mai 2006, Bureau de suivi des dossiers de l'Administration Dominiquaine.

- Alors comme ça, on ne vient pas lorsqu'on est convoquée ?

Tiens, il a l'air content, voir.. joyeux. C'est pas bon ça, s'il est joyeux.

- Heu pardon ?
- Je plaisante, j'ai appris qu'ils ne vous avaient pas remis la convocation. Perdu pas mal de temps du coup hein ?
- Oui...
- Bah, ce n'est pas bien grave hein, pour ce que ça change.

Il sourit. Merde ! Il sourit !

- Ah.. vous voulez dire..?
- Et oui, terminé pour vous. Vous aviez votre chance et vous l'avez laissée filer.
- Tout ça parce qu'ils ne m'ont pas trouvée pour la convocation ?! C'est injuste !
- Allons allons, vous savez bien que ça n'a rien à voir.
- Je pouvais toujours essayer..
- Certes, alors nous allons vous renvoyer au..
- 'tendez. J'ai un truc pour vous.
- Qu'est-ce que c'est que ce dossier..?

Ah ah ! Tu souris moins là hein ? Tu fais moins le malin ! Quoi ? Pourquoi tu me regardes comme ça ? Ah merde ! Le dossier.

- Ah oui, tenez. Un arrangement. Je suis sûre que ça vous plaira.
- Un arrangement ? Je ne suis pas certain que vous ayez bien compris. Votre arrangement vous l'avez raté. Complètement.
- Jetez-y un oeil tout de même. Ca ne vous coûte rien, si ?
- Moui.. Voyons voir..

Il l'a ouvert ! Il l'a ouvert !

- Hmm hmm expulsion, hmm protection, l'action plutot que les résultats, hmm hmm.. purgatoire.. intéressant. Effectivement ca serait pas mal comme proposition.
- On est donc d'accord ?
- Non.
- Non..?
- Bon, voila ce que je vais faire, je fais passer votre dossier au tribunnal, vous montez un projet bêton avec des exemples et tout, et si ça passe, tant mieux pour vous, si ça casse, je vous en ferait baver avant de vous balancer aux ordures, parce que si je leur présente un dossier, il est censé être intéressant. Vu ?
- Parfait ! Merci ! Merci !
- Et magnez vous, je le veux d'ici une semaine ce dossier.
- Vous l'aurez ! Vous l'aurez !
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#4
Le Paradis, 3 juin 2006, Bureau de suivi des dossiers de l'Administration Dominiquaine.

L'Angèle s'avançait d'un pas décidé vers le bureau, un dossier sous le bras, prête à défendre son bout de gras. La grosse porte s'ouvrit devant elle et elle entra, ne s'arrêtant qu'une fois arrivée à portée de poignée de main.

- Alors ce dossier ? Il est prêt ?
- Fin prêt même.
- Vous avez l'air enthousiaste. Il ne faudrait pas tomber de trop haut.
- J'ai confiance en la Justice de Dominique.

Un sourire triomphant pointait sur le visage de l'Angèle alors qu'Il prenait le dossier non sans un grognement de dédain.

- Alors voyons voir ça..

Il parcourut l'integralité du dossier en silence, attentivement. Finalement, Il revint à la première page, marqua un temps d'arrêt et leva enfin les yeux pour fixer l'Angèle qui s'efforçait de ne pas se ronger les ongles.

- 9 services qui collaborent d'un coup sur la même affaire..?
- Tout à fait.
- Et, heu.. vous comptez organiser ça en 2 ans c'est ça ?
- Non non, un ou deux mois, trois maximum !
- Moi qui croyait que vous n'aviez aucune imagination. Mais là, c'est peut être un peu trop. Non ?
- On peut toujours réduire à sept ou huit..
- Sept ou huit ? Vous savez qu'ils vont bien rire ? Parce que je vous explique.. vous êtes Grade 0. Déjà, ça fait un beau désavantage. En plus vous n'avez jamais même participé à ce genre d'opération, alors en organiser une..
- Je sais, je sais, mais si j'y arrive ? Ne serait-ce que si je parviens à tous les mobiliser ? Ca serait fantastique non ? Après, que le plan soit suivi au poil et mené à bien, c'est facultatif.. parce qu'il y aura forcément des parties qui marcheront, vous m'suivez ?
- Oui.. oui. Mais, franchement, vous n'auriez pas pu pondre ça plus tôt non ?
Bon, je fais suivre au tribunnal, ils vous convoqueront et vous donneront le verdict.

- On ne peut pas faire ça juste entre nous ? Un arrangement ? Vite fait quoi..
- Premièrement, ça ne dépend plus de moi, vu que ça concerne plusieurs services. Et de toute manière, s'il n'y avait que le votre, vu que vous n'avez pas honnoré votre contrat, vous devez passer devant le tribunnal si vous souhaitez contester la décision.
- Bon, d'accord.. Disons, s'il lit le dossier là, demain il réunit ces gars, je peux passer au tribunnal dans, quoi.. trois ou quatre jours ?
- Dans au moins un mois. Maintenant, dégagez, j'ai d'autres clients à voir.
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#5
Paradis, le 30 juillet 2006.

Et là on se demande : Mais qu'est-ce qui s'passe ? Ils ont changé la rédac' ? Le scénariste est mort ? Le chat s'est fait épiler ? Non ! On ne se le demande pas, parce qu'on sait tous qu'il n'y a qu'une seule personne derrière le clavier. Alors quoi ? Prise de conscience ? Pubertée ? Révolution ? Non, juste envie de changer ma manière d'écrire. Alors tu lis, et tu te tais.

L'affaire c'était plutôt bien déroulée au tribunnal. En fait, toute cette histoire d'opération spéciale avait plutôt l'air de faire marrer le juge. Mais il avait plutôt bien géré la situation. Avec des phrases du genre "aux vues du dossier appuyé", et "compte tenu des antécédants notables", on se serait cru dans un épisode de "Tribunnal". Le truc qui me chiffonait un peu quand même, c'était cette histoire d'idée. Le vieux n'avait absolument pas voulu faire d'impasse sur les souvenirs. Pas de souvenir. Même pas une carte postale. Ca voulait dire qu'une fois revenue à Immac, nada. Je pourrais bien repartir pour un tour sans me dire "Hep ! Y a quelque chose qui cloche.." Alors il m'avait dit : Apportez cette autorisation au bureau 113, service souvenirs et idées. Jamais entendu parler de ce machin, mais si on devait tout savoir, ça ne serait même plus drôle.
Bref, bureau 113. C'est pas comme si c'était simple à trouver. Les gens, ils disent tous : Lorsqu'on meurt, on va au Paradis, et là, c'est le rêve. Et ben les gens qui meurent, déjà ils ont bien de la chance de ne pas voir par quoi on passe, nous, les anges. C'est pas comme si ils auraient pu classer les bureaux dans l'ordre.

Non parce qu'il faut comprendre que déjà, le premier bureau, c'est le 111. Celui-là, vaut mieux pas y être convoqué. Ensuite, tous les autres sont au dessus de 111. Seulement, les bureaux, quand ils sont nés, ils se sont attribués leur numéro, comme si c'était la foire. Et comme si ça ne suffisait pas, les premiers c'était : 1111, 11111, 111111, 222, 333, 444, etc... Pas la peine bien sur de préciser que le 666 et autres multiples du genre n'existent pas. C'est quand il n'y a plus eu de multiples de 111 en dessous de 111111 qu'ils ont commencé à reprendre à 111 en ajoutant des chiffres. Et là encore, ca ne se suivait pas toujours. Alors vous imaginez le 113 ? Un vrai bordel tout ça. Le Chaos en enfer ? Mes fesses ! C'est le Paradis qui est chaotique.

Enfin bref, bureau 113, nous y voilà...
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#6
Paradis, 2 secondes plus tard...

- Oui c'est pour quoi ?

Le ptit bonhomme, car il n'y avait pas de meilleur terme pour le décrire, gesticulait dans son minuscule bureau plein de casiers métalliques. On se serait cru dans une salle d'archives d'un ministère de la défense, la pièce étant réduite par 100, mais avec le même nombre de casiers et de piles de feuillets. Le ptit bonhomme donc, rajustait sans cesse ses lunettes en cul d'bouteille, sans prêter aucune attention à l'arrivante.

- Oui.. Donc bonjour, je suis bien au service..
- Souvenirs et idées, oui ma'mzelle.
- Ah bien. J'ai une autorisation du juge là, de chez Dominique pour eux..
- Faites voir ? Ah, idée prioritaire. Hé ben ils vous ont gâtée vous.
- Ah ?
- Hola oui ! Vous allez avoir une sacrée panoplie héhé. Enfin, vous savez ce que c'est.
- Justement.. non.
- Ah ? Baptême du feu ? Z'allez pas être déçue !
- Ah. Vous savez que vous n'êtes pas rassurant ? Vous pourriez peut être m'expliquer un peu en quoi ça consiste ?
- Ah non, désolée, confidentiel tout ça.
- Allez, s'il vous plait, ça me fait peur.. dit-elle en papillonant des yeux.
- Hmm.. bah disons que vous allez avoir plein d'idées une fois en bas, qui auront avoir avec l'autorisation là, et ça ne s'arrêtera pas jusqu'à ce que vous ayez vraiment l'idée globale. V'voyez ?
- Hmmm.. non ?
- Ben par exemple, l'autre jour, j'ai balancé une idée de faillite à un Marc.
- C'était pour lui signifier quoi ?
- Rien, c'était un ptit con. Il m'avait pris la tête à supplier pour des souvenirs une fois. Ahahaha !
- Ah oui, je vois.. bon bon, je ne voudrais pas vous embêter hein, vous avez l'air très occupé..
- Ouep ! Ah au fait, c'est quel genre ces idées ?

L'Angèle repartit dans les couloirs interminables, direction service des incarnations, poursuivit par un rire larmoyant et tonnitruant de ptit bonhomme.
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#7
Paradis, le 31 juillet 2006, service des incarnations.

Le responsable avait fait tout un foin parce qu'elle avait déjà une incarnation à Immac. Evidemment, ce n'est pas banal de se faire rappeler d'un coup sans prévenir. Alors imaginez en plein milieu d'une mission ou ça tape dans tous les coins. C'est un coup à ne pas savoir si son incarnation va s'en sortir ou pas. Enfin là encore, c'est assez facile de savoir si l'incarnation en question est toujours en vie. Pour eux, du moins. En l'occurence, elle était toujours en vie, ce qui était plutôt bien, car elle gagnait la place d'incarnation ayant vécu le plus longtemps.

Mais ce n'était pas pour ça qu'on lui avait pris la tête pendant deux heures. Le problème, c'est que l'incarnation en question, jeune et jolie, n'était plus là où elle devait être. Et là c'est marrant tout ce à quoi on peut comparer un corps humain : Mais où j'ai bien pu le ranger ?! Ca fait très clefs de voiture. Mais où il a bien pu partir ?! Ca, ça fait la nana qui a perdu son chat. Et enfin, mais qu'est-ce qu'il fait ?! Ca, c'est le mari infidèle.

Enfin, le plus préoccupant, c'est que la dernière fois, elle était là avec pas mal de cornus dans le coin et pas mal de potes aussi d'ailleurs, et que maintenant, elle était Dieu savait où. Il fallait donc cadrier tout Immac, et ça, ça saoulait franchement le Directeur du service des Incarnations Terriennes (ouais, il ne se prend pas pour n'importe qui).

Moi, ce qui m'embêtait surtout, c'était que sur elle, il y avait un petit lapin en peluche vachement mignon accroché à son sac, et que si on ne la retrouverait pas, je ne serais pas prête de retrouver la même peluche. Enfin, au bout de deux heures donc, ils (les techniciens, le directeur se contente de gueuler) ont fini par la retrouver (l'incarnation, pas la peluche). Evidemment, ils auraient ptet du regarder là en premier, mais bon, on ne peut pas leur en vouloir non plus. Hé oui. Elle était assise sur un banc de l'eglise à attendre patiemment.

Là ce genre de truc, ça te fend le coeur. Tu te dis : "putain, je sais pas comment elle a pu comprendre que j'habitais son corps, mais elle m'aime tellement qu'elle est rentrée en sécurité m'attendre." Evidemment, y a peu de chance pour que ça se passe comme ça. En fait, il n'y en a pas. Le plus probable, c'était soit qu'elle avait repris ses esprits au milieu d'une baston, et qu'elle s'était barrée en courant dans l'endroit le plus sûr, soit qu'on l'avait ramenée.

Enfin, je n'eu pas réellement le temps de gamberger là dessus, une fois retrouvée, le directeur me poussa dès qu'il eut confirmation, et Wouhiiiiiiiiiizzzzz !
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#8
Immac-sur-Sable, Vieille-Ville, 5e rangée de bancs sur la gauche en partant de l'entrée, le 31 juillet 2006.

La migraine me vrille les tempes. La nausée me saisit à bras le corps et ne semble vraiment pas d'accord pour me lâcher. Mon corps est raide et mes muscles contractés. Je dois franchement avoir les nerfs. Je parviens tout de même à entendre, à la limite de ma perception, de vagues murmures. Des bruits de pas feutrés raclent le sol autour de moi. Je dois me sortir de cet état, tous les yeux doivent être braqués sur moi. Pourtant, impossible de bouger. Non pas que mes membres soient endoloris, mais quelque chose m'en empêche.

- Je vous emmerde !!

La voix rauque et presque rugissante sortie de ma gorge me fait sursauter intérieurement. Je parviens difficilement à ouvrir mes paupières engluées d'une substance à la fois visqueuse et verdâtre. Les murmures se précisent peu à peu comme étant des imprécations que l'on psalmodie dans un langage que je ne parviens pas à comprendre mais qui m'écorche les oreilles et l'âme toute entière.

- Ta mère suce des bites en Enfer !!

Wow, là ça devient franchement délirant. Je fini par faire le point sur les personnes autour de moi. 4 prêtres, bible ouverte, crucifix tendu droit vers moi récitent des cantiques. L'un deux dégouline de bile et de.. vomis ? En fait, on dirait un exorcisme. Mais qu'est-ce que c'est que ce bordel ?!

- Sors je te l'ordonne ! Engeance Démoniaque !!

Une lumière blanche aveuglante et brûlante emplit tout. Un long hurlement strident, peut être le miens, retentit durant des secondes qui paraissent des années. Puis la lumière se retire, laissant place à un décors d'église. La migraine me vrille les tempes. La nausée me saisit à bras le corps et ne semble vraiment pas d'accord pour me lâcher. Mon corps est raide et mes muscles contractés. Il y a comme une sensation de déjà vu.. J'ouvre les yeux, je suis dans l'Eglise d'Immac-sur-Sable.

Paradis, Bureau 113, quelques secondes après.

Un ptit bonhomme attrape son téléphone et pianote sur quelques touches, le sourire aux lèvres.

- Allô ? Ici le Bureau 113.... oui, première fournée pour l'affaire B 16 2048 envoyée ! ... Sous forme de rêve..... L'oublier ? Ah non, j'en doute ! Héhéhéhé.
Reply
#9
Immac-sur-Sable, il n’y a pas si longtemps.

Une jeune femme, à peine la trentaine, pantalon pattes d’eph et blouson Rup Kirl (bonjour le goût), plutôt mignonne, entre dans le cabinet du seul mais non moins célèbre psychologue d’Immac-sur-Sable : Docteur Jabuse.

La sonnette stridente de la porte d’entrée ferait peur à un chat borgne de 10 kg qui en serait à sa septième vie (à la huitième ils commencent un peu à flipper, c’est l’avant dernière tout de même). La salle d’attente, ou de détente comme l’aime à le rappeler l’écriteau, oscille dans des tons de vert caca d’oie (c’est fait exprès) à jaune gazelle. Les tableaux qui l’ornent se plaisent à rappeler l’essence même de la psychologie, mettant en scène diverses personnes entremêlées dans des positions très suggestives.


- Patient suivant !

La porte du cabinet venait de s’ouvrir sur le docteur, un homme frôlant la cinquantaine, les cheveux grisâtres en bataille, de fines lunettes posées sur l’extrémité de son nez. Il porte un complet gris, ou noir délavé, passé par les années et froissé par endroits. Evidemment, aucun patient n’était sortit du cabinet, et la jeune femme était seule dans la pièce.

- Heu.. ça doit donc être moi.

Suivant docilement le docteur dans la pièce attenante, le regard de la nouvelle patiente est attiré par une bibliothèque impressionnante sur le côté droit. La grande majorité sont des traités de Freud, parmi lesquels sont innocemment rangés le Kama Sutra, l’Art de la Guerre, la Kuisine Kulinaire pour les Kreignos, Ealth Men et d’autres joyeusetés diverses et variées.

Finalement, elle s’assoit sur une invitation du Docteur Jabuse.


- Alors, que puis-je faire pour vous ?
- Et bien en fait docteur, depuis deux ou trois semaines, je fais des rêves étranges. Parfois même alors que je suis éveillée et en pleine forme, je m’assoupis sans même m’en apercevoir et je rêve de choses étranges..
- Et bien racontez moi ces rêves…
- Alors le premier c’était très étrange, j’étais dans le corps d’une petite fille, presque une adolescente, en chemise de nuit, mais j’avais le teint verdâtre, les cheveux gras et en bataille, et une expression révulsée.
- Vous portiez une petite culotte ?
- Pardon ?
- Intéressant, continuez…
- Hem… et donc j’étais sur un lit, mon lit apparemment, dans ma chambre, j’avais un crucifix dans la main droite, et il y avait des hommes autour de moi qui psalmodiaient…
- Un crucifix ? C’est phallique… Ces hommes, que faisaient-ils ? Etaient-ils habillés ?
- Oui bien sûr. Des prêtres je dirais. Enfin je vous passe les détails, toujours est-il qu’à la fin…
- Vous faisiez une orgie avec tous ces prêtres. Oui plusieurs de mes patientes ont ce problème et d’habitude je préconise un traitement assez particulier qui…
- Mais non pas du tout ! Ils m’exorcisaient, moi ! Vous vous rendez compte ?!
- Ah… Aha ! Oui effectivement, rien à voir, hem… Trouble de la personnalité, schizophrénie... Vous connaissez le cinéma ? Les DVD ?
- De nom, quel rapport ?

Le Docteur se met à griffonner sur un papier quelques mots et le tend à la jeune-femme.

- Tenez, c’est l’adresse de mon vidéo-club. Vous leur demandez le film « L’Exorciste » et vous le visionnez. Si vous continuez à faire des rêves étranges, n’hésitez pas à revenir me voir, je m’occuperais de vos mi… de vous. Sur ce, ça fait 150 euros ma ptite demoiselle !
Reply
#10
Immac-sur-Sable, quelques heures.

La jeune-femme avait changé de tenue au fil de ses péripéties. Pantalon et bottines en cuir noir brillant, robe rouge courte, maquillage. Elle se la pétait grave. Et y avait de quoi. Elle avait réussi un assassinat - sur un ange - et même un exorcisme dans le métro sur un démon. En comptant le familier d'il y avait quelques mois, ça faisait deux exorcismes. La grande classe. En un an, sacré bilan ! En ajoutant à ça le capotage dans l'oeuf d'une opération prête à être lancée.

L'administration la félicitait d'ailleurs, en lui faisant savoir qu'elle souhaitait sa présence à l'église dans les plus brefs délais.


- Mon cul oui..

Elle feuilletait un magazine de photos on ne peut plus suggestives, dans le métro, en se demandant de plus en plus à quoi tout ça rimait. C'était toujours les mêmes choses. Entre les batailles rangées et les coups bas, même les vicieux qui prenaient par derrière étaient ridiculement prévisibles. Sauver les âmes humaines des possessions démoniaques. Vu ce qu'ils en faisaient de leur âme. Entre les guerres, les magouilles, les meurtres, les viols, et patin coufin, à quoi bon ? Qu'est-ce qu'on dit déjà ? Plutôt que de mal faire, mieux vaut s'abstenir. Et puis tant qu'à se faire punir pour excès de foirages, autant y aller plein pot.

D'ailleurs depuis quelques temps, elle ne s'en privait pas trop.


Prochaine arrêt, Station Parc, Arrivée dans 2 minutes.

Elle balança le magazine sur le siège d'à côté et sortit un passeport de sa poche. Elle avait cassé sa tirelire pour se le dégoter, mais il avait l'air d'un vrai. En tout cas ça suffirait largement pour quitter la ville et s'installer ailleurs, si on lui laissait l'occasion. Pour l'heure, elle avait un rendez-vous.
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