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Amon, un boucher devenu Ange
#1
Amon


Prise de commandement du camp de Plaszow :
« Aujourd’hui est historique. Aujourd’hui restera gravé dans les mémoires. Plus tard, les nouvelles générations vous demanderont de leur raconter ce jour. Aujourd’hui est historique, et vous y participez. Il y a de cela 600 ans, quand on les tenait pour responsable de la mort noire, Kasimir le Grand ainsi nommé, dit aux juifs qu’ils pouvaient venir à Krakow. Ils sont venus, ils s’y sont installés… ils y ont prospéré. Dans les affaires, la science, l’éducation, l’art! Ils sont venus avec rien… rien… et ils y ont prospéré. Pendant ces 600 ans, il y a eu une Krakow juive. Pensez à cela. Mais ce soir, ces six siècles ne sont plus qu’une rumeur. Ils n’ont jamais eu lieu. Aujourd’hui est historique. »

Exécution de Amon :
Tu gravis les hautes marches de ta potence. Si peu. Ta première. Ta jeunesse dorée, des parents protecteurs. Vienne, joyaux de l’Autriche, ville natale qui te verra grandir, qui te verra changer au fil des années d’endoctrinement. Ta deuxième. Tu finis par t’enrôler dans une branche Autrichienne du NSDAP, tu n’as que 22ans. Premières émotions d’une ambition dévorante. Ton cœur avide de pouvoir te soumet aux dures épreuves de la vie. Abandon de morale. Ta troisième. Te voilà lieutenant et commandant d’un camp de concentration. Ta propre volonté s’exécute sans la moindre opposition. Tel un Dieu malveillant, ton règne macabre voit des milliers d’assassinats sous ton autorité. Tes premiers meurtres. Très vite, tu perds toute valeur de la vie, tu perds le sens de la réalité. Ta quatrième et dernière marche : la potence. Des bourreaux bolcheviques t’attendant sur les planches, scène macabre, le théâtre d’une vie perdue qui va te voir en son sein… mourir. Tu montes sur l’escabeau qui t’es présenté. Ces derniers visages fermés pour seul au revoir. Ainsi donc s’achève ta vie. Tu réfléchis, tu penses à ce que tu fus. Doute. Cela en valait-il la peine? La lourde corde sèche glisse le long de ton cou. La peur s’empare de toi. Les barreaux de l’escabeau chancèlent. Dernières secondes. Par instinct, comme pour clôturer une non vie, tu veux partir sur un « Heil… » … Tu viens de partir…

Rédemption :
Tu n’as pas eu le temps de souffrir, tu le regrettes presque. Seul avec ta conscience. Nul châtiment pour toi, nul Enfer qui te torture sans fin dans ses flammes gourmandes de chair. Non, nulle torture. Au lieu de cela, une lumière vive, aussi blanche et scintillante que les rayons d’un soleil d’été, ni chaud, ni froid. Tu ne peux pas même voir ou tu es, cette clarté de milles feux qui te semble matérielle, elle enveloppe ton corps nu. Jours… Tu ne ressens ni le besoin de manger ni le besoin de boire, seule une fatigue persistante t’accable. Pourtant tu ne peux dormir, cet éclat te force a rester éveillé. Années… Le temps passe, passe et ne s’arrête jamais. Tu vois la vie de chacune de tes victimes se jouer devant toi. Leur naissance, leur enfance puis pour certaine, la mort… déjà : Toi. D’autres continues jusqu’à l’adolescence, s’achèvent avec ta rencontre qui mettra un terme à leur existence. L’âge adulte, l’âge de la raison paraît-il. Des mères éplorées de voir leurs familles détruites, des pères dépités de honte, incapables de regarder leurs progéniture dans les yeux. Éternité. Des milliers de vies défilent ainsi devant toi, toutes exterminées de ta main, directement ou indirectement. Finalement, la lumière s’estompe, un peu. Une silhouette prend forme, un vieillard aux muscles saillant pour autant : une divinité probablement.

« Tu viens de voir toutes les vies que tu as détruites, pour une quête de pouvoir sans fin. Pour cela j’aurai dû te laisser aux mains du Diable… Pourtant je t’ai choisi un autre tourment. Forcé de voir la vérité en face. »

« Mais pourquoi donc? Je fus l’incarnation du mal sur Terre, je fus ce qui se fit de pire depuis l’existence même de l’Homme! Pourquoi de la miséricorde pour une âme si effroyablement meurtrière? »

« Tu viens de le dire. Tu fus l’incarnation du mal. Qui mieux que toi peut saisir les conséquences de tels actes? Ta soif de mort est assouvie Amon. Tu as vu qu’un destin maléfique n’engendre que le chaos pour ce qui t’entoure, mais aussi pour toi-même. Tu ne peux alors qu’emprunter un chemin plus pur, plus noble que celui qui fut tien… Ange Amon. »
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