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[I feel the heat !] Retour d'Acapulco
#1
Paris Aéroport Charles de Gaulle – 17h52

L’enfer.

« L’enfer c’est les autres » comme disait ce cher Mr Sartre. Il ne devait pas avoir tout à fait tord. En tout cas c’est ce qu’on pouvait quasiment lire sur le visage d’un jeune homme aux cheveux en bataille planté devant une borne d’arcade reliée à un écran géant. Les traits crispés, il essayait de sourire. Un rire jaune. Le gamin de douze ans qui hurlait de joie à côté de lui venait de lui coller la raclée de sa vie sur Virtua Fighter 9. C’était d’autant plus humiliant qu’il venait de le terminer en mode ultra hard avec un seul crédit, cette prouesse ayant crée un petit attroupement, qui maintenant se dispersait en riant.

« Ouais, j’suis l’meilleur, j’lavais même pas essayé encore ! Vous avez vu com’ jl’ai pourri le vieux ! »

Surtout ne pas craquer, se souvenir de son vœux de tolérance, de ses engagements pour la miséricordieuse. Il articule difficilement attrapant d'une main le sac a dos qu'il avait posé au sol :

« Hey, j’suis pas vieux ! C’est juste que ton timing est complètement incohérent ! Tu fais pas les enchai… »

Le gosse habillé d’un tshit jaune criard l’interrompt :

« Ouais j’tai pourri ! »

Armezel se lève, encore indécis sur l’avenir proche du gamin. La tête sur l’écran ? Non, c’est moche, pour peu qu’on l’apprenne il allait avoir des soucis avec les services de Christophe. La retraite.

« Euuh…ouais…tu es…*les mots douloureux* le meilleur….Je le reconnais…*Est ce que c’était mentir et donc enfreindre les lois que de sortir une telle ineptie à un enfant ?*. Je te laisse. »

Le jeune homme se passe la main dans les cheveux affichant une moue dépitée.

« Allez, c’est mon jour »

Il sort un paquet de mentos

« T’en veux gamin ? »

« Nan, gardes les, j’tai pourri s ‘tou »
Le petit gars se remet sur la borne d’arcade, invitant son nouveau fan club fraîchement acquis a venir le défier.

Armezel plisse les yeux. Les tableau des arrivées venait d’afficher le hall de débarquement du vol AF432. La voix nasillarde d’une hôtesse vient couvrir un instant le bruit incessant d’un aéroport en heure d’affluence.

*Le vol AF432 en provenance d’Acapulco, en correspondance avec Mexico City vient de se poser, hall G…*

*Roule ma poule.*
Le jeune homme s’avance, slalomant habilement dans la horde de touristes en provenance ou sur le départ. Cela faisait plusieurs mois que le VIP était parti. Dans quel état serait il à son retour. Pire qu’avant ? Non impossible. Plus cool ? Non plus. Identique en tout points, comme un bloc de granit. Ca oui, c’était probable.

Quinze minutes, trois valises renversées, et un clin d’œil appuyé a deux jolies filles plus tard, l’ange se retrouvait dans le hall G. Le bon côté du VIP c’était son approche haut standing de la vie. Les business descendaient avant les écos, et pouvaient récupérer leurs bagages plus tôt.

*Des vieux, encore des vieux…Que des papis et des mamies…C’est fou ça…Ils devaient faire du traffic au Mexique. Et le VIP…Accompagné !!*

L’ange sort son iphone pour vérifier s’il n’avait pas reçu un code rouge. Après tout, que Cyr n’ait pas pu bouger ses fesses paraissait hallucinant. Nhömas avait laissé planer la rumeur que ce dernier déprimait depuis quelques semaines et s’était planté sur un jeu online, et passait ses heures à faire du PvP avec un elfe qui portait une grosse épée…

Le VIP ne semblait pas menacé, il avançait lentement, sans ciller, comme un fantôme au milieu de la foule, vétu de son tailleur blanc neige. Pourtant quelque chose clochait. Ce regard…Ce léger frémissement de lèvre.

*Oh putain…Le boss est furax…*

Ce n’était pas tout. En fait la scène entière clochait, comme si un Marcel Bélivaut allait bondir soudainement de derrière un encart publicitaire ou encore d’une malle.

Le VIP était différent. Furax, et différent. Le tailleur luxueux, pas de problèmes, la serviette en cuir noir, pas de problèmes, les chaussures de chez Berluti, normal… Mais. La peau…Elle avait bronzé. Un teint halé comme dans les pubs. Et le collier. Un collier de fleurs roses pétant ! Enorme. Un équivalent mutant des colliers remis à l’arrivée d’Honolulu. Comment « elle » avait pu tolérer ça. Et l’escorte…trois affreux gamins bruyants, gesticulants, devant le regard attendri d’un couple de sexagénaires. Tous évoluaient autour de l’ange de Dominique avec un naturel effrayant, comme s’ils ne connaissaient pas la menace qu’ils côtoyaient.

Armezel hésite un instant et ressort l’iphone qu’il vient de ranger. Ce scoop valait de l’or, des fortunes…Il prends la photo interdite en haute définition ses sens l’alertant du risque qu’il cours mais son cœur d’enfant le pousse de l’avant. Encore quelques secondes avant qu’elle puisse le repérer. Un autre cliché.

*Quand Haubert allait voir ça…*

« YouOouuuh ouhhh ! Je suis la ! »

La petite troupe tourne la tête vers Armezel et s’avance vers lui. Enfants et grands parents compris.

Hermary allonge la foulée comme poussée par une puissance irrésistible. Elle se plante devant lui, un frisson glacé remontant sur son échine alors qu’il croise son regard métallique.

« Bien. Contente de te revoir, nous partons…Maintenant. »

Le vieil homme est le premier à reprendre. Il est encore en short avec un petit polo UCLA, un bob rouge sur le crâne.

« Oooh c’est vous son ami…Je vois…Il est plutôt mignon pour un « ami », hein ma Fernande ! »

Sa femme, dégoulinante d’un maquillage usé par un long voyage, lui réponds d’un clin d’œil honteusement appuyé :

« Ouuuu oui, tu as bien raison !… »

*C'est la merde, désamorcer le truc, vite...très vite*

Environ une heure plus tard, le calme était revenu, Armezel avait du faire preuve de toute sa maîtrise du verbe pour se détacher des collants amis de voyage d’Hermary. Cette dernière n’avait pas décroché un mot. Ils étaient dans la voiture de sport du superviseur. On aurait pu entendre les mouches voler. Si encore il y en avait eu.

« Heuu…Ca va ? La pèche ? Sympa votre mission ? Non parceque je vous trouve, changée...» hasarde l’ange de la miséricordieuse.

« Tais toi et roule. A Immac » Le ton était sans appel.

La journée étaient loin d’être terminée. On a toutes et tous nos craintes, nos frayeurs, nos enfers. Hermary avait du y être confrontée, « l’enfer c’est les autres » disait monsieur Sartre...
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