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[-16] Rouge comme la nuit.
#1
Une petite histoire que j'ai écrite parce que j'avais besoin d'extérioriser certaines choses. C'est une histoire qui est purement fictive et qui n'a pas de rapport avec le monde d'INS-MV. Violence et gros mots sont au rendez-vous, alors âme sensibles, s'abstenir. Je la publie ici parce que j'ai besoin de lecteurs, et puis aussi parce que je voulais partager cette expérience qui est la première en son genre pour moi. En général j'aime écrire pour des choses plus réfléchies et plus gaies. Ah, et aussi, j'ai pris pour habitude de commencer des chronique sans les finir (ça m'était arrivé avec Cool T, et là avec Vorak j'en ai une sur le feu...), mais là ça ne sera pas le cas puisque j'ai déjà la fin. Je la posterai plus tard. Ca fera un truc en deux volets comme ça. Bonne lecture à vous tous ! :wink:

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Je suis à mon balcon. L’air est frais et il fait nuit noire. Clope au bec, je m’amuse à faire des ronds de fumée que de toute façon je vois même pas. A l’heure qu’il est, même les lampadaires dorment. Moi non, j’suis pensif et j’peux pas dormir. L’image de celle que j’aime reste gravée au fond de mes yeux. Comment est-ce que j’ai pu la laisser partir seule s’éclater chez ses potes ? Je dois être taré. C’est ça oui, j’suis taré. Mais si elle avait pas décidé de faire sa casse-couilles ce soir encore, p’t’être que j’l’aurais accompagnée pour lui faire plaisir. Tout ça pour une histoire de fringue en plus. « Ca fait pas pute les mini jupes » qu’elle me disait. Conneries ! Je pouvais pas non plus la retenir. Et de toute façon telle que j’la connais c’était peine perdue. Putain… Et puis ce foutu pressentiment qui me colle à la peau. Vous savez ce genre de truc qui nous fait chier mais qu’on a du mal à identifier. Ca se loge au fond de votre crâne et ça y reste jusqu’à ce que vous pétiez un plomb. JE vais péter un plomb. Il me faut un truc pour me changer les idées.

Je tire une dernière latte et je balance ma clope par terre puis l’écrase violemment avec mon pied histoire de passer un peu mes nerfs sur quelque chose l’espace d’une seconde. J’en ai ras l’cul de pas savoir quoi faire. J’entre dans l’appart’ minable qui nous sert de « nid d’amour ». Je prends même pas la peine d’allumer la lumière. L’air est frais aussi à l’intérieur. Faut dire que la porte que j’ai laissée ouverte pendant une demi-heure ça a pas arrangé. Je me guide avec les petites lumières du magnétoscope et des p’tits gadgets posés un peu partout. C’est fou c’qu’on peut accumuler comme conneries en peu de temps. Des trucs hors de prix qui servent à rien en plus.

Je sais ce que je vais faire maintenant : le whisky m’aidera, j’en suis certain. Je me dirige vers le meuble ou on range tous les alcools et spiritueux. Je connais le chemin par cœur, même dans le noir. Arrivé en moins d’deux devant la masse de bois, je décide de faire coulisser une des portes. Je tâte un peu au hasard pour retrouver la bonne bouteille. Il me faut que quelques secondes pour l’identifier. Je la débouche et m’envoie une dose dans la gorge sans prendre la peine de chercher un verre. De toute façon les verres sont dégueulasses comme d’hab’. Les taches ménagères c’est pas trop notre truc ici, mais on s’y retrouve quand même. C’est juste que ça traîne un peu en général quoi.

Le whisky me brûle la gorge mais j’en redemande. Dieu qu’c’est bon. Mesdames et Messieurs, je bois pour oublier ! Oublier que j’suis con et que j’ai une chienne de vie, voilà. Oublier que j’ai du mal avec mon loyer et que je suis un foutu raté. Je me renvoie une deuxième dose, cette fois-ci, plus généreuse. Je sens comme un apaisement, il faut que je me pose. Je déambule vers le canapé. Je vais m’asseoir, mais avant que je fasse atterrir ce qui me sert de derrière, je sens un truc vibrer dans ma poche droite. Je pose la bouteille sur la table en verre devant le canap’. Je plonge ma main dans ma poche et en extrait mon portable. Il éclaire la pièce par intermitences, j’hésite à décrocher, c’est un numéro que j’connais pas, un fixe. Qui peut bien appeler à une heure pareille ? Un pote qui veut faire un canular ? Trop la flemme… mais la curiosité l’emporte. J’appuie sur le bouton vert.

A ma grande surprise la voix est familière. C’est celle de ma copine. Mais quelque chose cloche. Elle semble terrifiée et elle est en sanglots. J’ai du mal à capter c’qu’elle me raconte. Tout ce que j’sais, c’est que ça sent pas bon. Au milieu des pleurs j’arrive à comprendre qu’il y a eu un truc qu’a mal tourné. Il m’en faut pas plus, je lui dit de m’attendre parce que j’arrive.

Alors c’était donc ça se pressentiment ? Sans doute. Quoi qu’il en soit je sens monter en moi une pression énorme. C’est la pression de la colère. Qu’est qui a bien pu arriver ? Je me sens presque coupable de pas avoir été là avec elle ce soir. En tout cas, je sens qu’il va y avoir du sport dans pas longtemps. Je le sens gros comme une maison. On ne touche pas à ceux que j’aime, surtout quand ce « ceux » fait référence à ma copine. C’est vrai parfois je peux déconner, être maladroit avec elle, mais qui est parfait ? Plus fidèle et loyal que moi, je crois qu’ça s’peut pas.

Ni une ni deux, je me précipite dans la chambre. Au passage je cogne dans la table basse et la bouteille de whisky tombe, d’après le bruit que j’entends. Elle était pas bouchée, mais rien à battre. Je fracasse presque la porte puis allume la lumière. Je peux pas me payer le loisir de jouer à cache-cache avec ma batte de baseball. D’ailleurs en même pas dix secondes elle est déjà rangée dans mon sac de sport noir, celui qui m’sert pour aller au foot le samedi soir. Je suis prêt à partir. Je contrôle rapidement la présence de mes clés dans ma poche. Elles y sont, ça m’évitera de perdre plus de temps. Trois minutes après je suis déjà au volant de ma vieille 309. Ahlala ! On en a vécu des choses ensemble. Et dire qu’y en a qui se la pètent en BM ! Ah les rigolos !
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#2
Dix minutes et trois feux rouges grillés : voilà ce qu’il m’a fallu pour arriver au point P. Une chance que les flics étaient pas de sortie ce soir, sinon j’aurais pu rentrer à pied. La rocade, y’a qu’ça d’vrai. Pendant le trajet j’ai eu le temps de m’imaginer tout un tas de trucs pires les uns que les autres et c’est la tête prête à exploser que j’débarque à l’adresse indiquée par téléphone, la bride de mon sac fermement empoignée.

Sur le pallier de la porte des cadavres de joins font la fête au milieu des canettes de bière vides. D’un coup d’œil rapide je peux voir à travers les volets fermés qu’il y a de la lumière à l’intérieur du bâtiment sombre et imposant. Je tends l’oreille et j’arrive à percevoir des petits « boum » réguliers qui font vibrer la porte. Le rythme des basses indique de la musique techno, ou electro peut être, voire même métal. Putain mais je suis autant une quiche que ça en musique ? Et puis je m’en fous en fait. J’ai du mal à réfléchir. Le doigt collé contre la sonnette, j’attends qu’on vienne m’ouvrir. Bien sûr avant j’ai sorti ma batte et je suis prêt à m’en servir. La réaction se fait longue mais un vieux black vient m’accueillir avec ses rastas qui puent. Surprise ! Ma batte vient se caler juste sous son oreille gauche. Sa tête va se cogner contre le mur et son corps suit le mouvement pour enfin s’écraser au sol. Il ne bouge plus. Je claque la porte derrière moi.

Un deuxième mec passe, un blanc, il a l’air à l’ouest. Il n’a pas le temps non plus de comprendre ce qui lui arrive. C’est avec les dents qu’il réceptionne mon joujou. Aouch, ça doit faire mal. Il pisse le sang et se met à crier comme un porc, à quatre pattes par terre. Un coup de pied dans le bide l’aide à se calmer. En fait c’est peu comme tirer un penalty, on prend un petit élan et « bim ». Simple mais efficace. Je déboule dans le salon, là où a l’air de se dérouler la petite fête. Fou de rage je demande où est ma copine. Pas de réponse. Je gueule tant que je peux mais toujours rien. Les trois mecs présents dans la salle sont dressés et semblent prêts à en découdre. Le gars du milieu, un peu plus baraque que les autre rit comme un connard. Quel manque de politesse vraiment. J’aperçois derrière le canapé une silhouette de femme. C’est pas la mienne, mais une autre qui semble se cacher. T’as raison biatch, planque-toi bien si tu veux pas salir ta robe, parce que tes copains ils vont gicler.

Round one, fight !

Je bouge lentement vers les mecs en armant mes bras, prêt à taper. Du Rammstein commence à s’échapper des enceintes pour venir se fracasser dans mes tympans. Les trois cassos’ commencent à essayer de m’encercler. S’ils y arrivent je vais avoir trop du mal. C’est décidé, je dois agir. Je me jette sur le plus chétif des trois, un pauvre punk avec son iroquoise et ses piercings à la con. D’après son expression de visage, il n’a pas eu l’air d’apprécier le coup. Par contre, il a eu plus de chance que les deux premiers mecs puisque lui a pu voir venir d’où venait la menace et s’est donc protégé en insérant son bras dans la trajectoire de la batte. Il se tient au niveau du coude. Les deux autres en ont profité pour se ruer sur moi à leur tour. Je fais volte face et avec un autre coup j’ai le temps d’éloigner le plus baraque, celui qui est tondu comme un mouton et qui a des tatouages partout sur les bras. Par contre, le troisième, typé asiat’, se la joue Bruce Lee et c’est son poing que je mange dans les côtes. Ca fait mal mais je tiens bon. Dommage pour moi, je me fais choper par le punk. Saleté de punk à la con. Je lui ai pourtant pété son bras, merde. J’ai du mal à bouger et v’là que Bruce Lee revient à la charge avec son genou en avant. Encore un qui a trop regardé la télé. Je l’accueille avec ma jambe tendue qui se fiche dans son ventre puis je donne un coup de tête en arrière. Bruce est à genoux et à présent je suis libéré de mon étreinte puisque le punk m’a lâché pour s’occuper de son nez qui pisse. Le nazi, lui, ne m’a pas oublié. Pendant que je m’amusais avec ses deux potes, il est allé chercher une chaise qu’il tient maintenant à bout de bras. Il vient sur moi, je me baisse à temps et la chaise vient se casser contre le mur. J’agrippe ma batte et lui en donne un coup dans l’articulation du genou, dans la pliure derrière. Il s’effondre mais ne semble pas encore prêt à abandonner. Son copain le chinois essaye de me mettre une patate, mais c’est son cou qui rencontre du bois lancé à pleine vitesse. Touché ! Il tombe par terre, je crois qu’il n’a plus envie de se battre. Attention, le pacificator est là !

Le punk a les mains recouvertes de sang. Je brandis ma batte pour frapper mais c’est vers la porte de sortie qu’il se met à courir. Bravo petit, tu apprends vite. Le dernier mec se relève, un pied de chaise dans les mains. Lui il commence à devenir chiant. Il se met à donner des coups dans le vent pour m’impressionner… ou j’sais pas trop pourquoi en fait. Tout c’que j’sais c’est que j’ai encore la place de reculer, et que j’attendrai le bon moment pour frapper. A quelques pas du mur de derrière moi, je décide de tenter ma chance. Bingo ! Dans les doigs. Le mec lâche son jouet et crie. Diagnostique : les doigts de pétés, à tous les coups ! Une nouvelle fois je brandis ma batte. Le mec se met à m’implorer. Ahahah ! Quel sens de l’humour. Il m’aurait épargné lui ? Conneries ! Par de quartier, pas de pitié. Je le baratine quand même pour savoir où est ma copine. Il m’indique l’étage. Je le récompense à ma manière. Bonne nuit, connard.

Je me dirige à présent vers les escaliers qui mènent en haut. Mes côtes me font un peu mal. Il est sec mais il cogne dur ce chinois. Je passe à côté du canapé. La gonzesse cachée m’implore à son tour. « Pitié, j’ai rien fait moi ! », et v’là que j’me mets à chialer. Bien sûr qu’tu m’as rien fait ! Et puis même, tu m’as d’jà vu taper sur une meuf ? Pff ! Aucun sens de la logique ces nanas. Je lui dis d’se barrer, elle se fait pas prier.
Je monte lentement mais sûrement les escaliers. Rammstein se tait pour laisser Daft Punk prendre la relève. Harder, better, faster, stronger. Du pur son pour une victoire bien méritée. Tout semble calme ici, y a pas un chat dans le couloir. Je ne met pas longtemps avant de trouver la chambre où ma copine est prostrée dans un coin, le téléphone à côté d’elle, encore décroché. Elle relève la tête à mon arrivée et son visage semble presque s’éclaircir. Et oui Princesse, ton Prince vient d’arriver pour te sauver. Il n’est peut être pas charmant, mais ce qu’il ressens pour toi rien ne pourra lui enlever et c’est tout ce qui compte.

Je m’approche d’elle et la prends dans mes bras pour la réconforter. Elle me parle de la soirée, et me raconte comment ces monstres ont abusé d’elle. Si je pouvais, je reviendrais en arrière pour que rien de tout ça ne soit arrivé, mais c’est trop tard. Une colère profonde m’envahit mais en même temps c’est un flow d’amour qui me submerge. J’ai donné à ces gars ce qu’ils méritaient, c’est ce que j’essaye de me dire, mais une partie de moi voudrait les voir mourir. Je me force à faire l’impasse sur mes sentiments négatifs et je reconduis ma dulcinée à travers cette nuit rouge. Rouge comme le sang, rouge comme la colère, rouge comme la passion. Bientôt nous serons enfin de retour dans notre nid d’amour, encore plus soudés que jamais.

Home sweet home.
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